La reMarkable Paper Pro débarque dans un marché qui aime l’idée du papier, mais pas toujours le sac à dos saturé. Ce test produit se penche sur une tablette numérique pensée pour remplacer le carnet traditionnel sans sacrifier la sensation d’écriture. On parle d’un écran e-ink couleur de 11,8″, d’un stylet numérique aimanté, d’une autonomie qui frôle les deux semaines et d’un positionnement tarifaire qui déclenche des débats — prix élevé en tête. Le truc intéressant, c’est que la marque garde sa ligne : un appareil dédié, verrouillé sur sa fonction, mais extrêmement bien réalisé dans son domaine. Le récit suit Alex, chef de projet et amateur de prises de notes à l’ancienne, qui a décidé d’échanger ses piles de carnets contre une tablette capable de restituer l’écriture manuscrite tout en synchronisant ses archives. Ce que l’on va lire : techno e-ink expliquée, ergonomie du stylet, flux de travail quotidien, limites logicielles et choix d’accessoires. Pas de blabla marketing : juste un regard franc, des usages testés pendant plusieurs semaines et quelques recommandations pratiques pour qui veut investir dans un carnet numérique haut de gamme.
En bref :
- E-ink couleur : promet une sensation papier tout en affichant des couleurs discrètes.
- Écriture manuscrite : reconnaissance performante, latence quasi nulle.
- Autonomie : plus de deux semaines avec un usage quotidien modéré.
- Stockage : 64 Go, largement suffisant pour des archives massives.
- Prix élevé : 649 €, accessoires en sus — attention au budget total.
- Verrou logiciel : interface en anglais, DRM et fonctionnalités limitées.
Test produit : pourquoi l’écran e-ink couleur change la donne pour la prise de notes numérique
Le premier point qui attire l’œil — au propre comme au figuré — c’est l’écran. La Paper Pro passe à la couleur tout en restant fidèle à la philosophie low-power de l’encre électronique. L’encre électronique, on le sait, consomme quasiment rien : il faut une impulsion électrique pour dessiner ou écrire, puis plus rien tant que l’affichage reste identique. C’est pour ça que cet affichage est idéal pour la lecture et la prise de notes longue durée. Ici, la dalle de 11,8″ offre une surface équivalente à un vrai carnet et la gestion des couleurs n’est pas flashy : elle sert surtout à surligner, ajouter des repères visuels ou distinguer calques et annotations.
Technique : la couleur sur e-ink, ce n’est pas du LCD. Les teintes paraissent un peu lessivées comparées aux tablettes classiques, mais c’est voulu. L’objectif n’est pas d’afficher des films, mais de rendre l’interface plus expressive tout en conservant la lisibilité. Dans la pratique, j’ai testé des BD non protégées : c’est lisible, agréable, mais pas saturé — parfait pour des mises en contexte et des schémas, moins adapté à des contenus multimédias exigeants.
Côté construction, la tablette est fine — 5 mm d’épaisseur — et affiche un poids contenu pour sa diagonale (525 g). Le châssis en aluminium inspire la robustesse. Les bordures autour de l’écran sont épaisses, ce qui déplaira aux obsédés du ratio écran/surface, mais facilite la prise en main et protège l’écran quand on griffonne sans regarder. Personnellement, après des semaines d’utilisation dans un sac à dos déjà chargé, je n’ai jamais eu l’impression de trimbaler un pavé.
Comparaison rapide : la Paper Pro arrive quatre ans après la Remarkable 2. Ce délai se sent : là où la 2 visait la sobriété, la Pro ajoute la couleur et agrandit la zone d’écriture (environ 17,8 x 23,8 cm). Si vous êtes sensible au rendu tactile, la surface a été travaillée : la friction du stylet sur l’écran restitue une sensation proche du papier. Ce n’est pas magique, mais c’est très satisfaisant quand on vient d’un carnet. Et si vous voulez voir comment la presse a abordé le lancement, l’article de Presse-citron donne un panorama utile des réactions initiales.
En guise d’éclairage technique, gardez en tête cet insight : l’e-ink permet une écriture confortable et une consommation minimale, mais les couleurs restent un outil de différenciation plutôt qu’une révolution visuelle. Cette réalité technique influe directement sur l’utilisation quotidienne et la suite aborde le rôle du stylet et de l’interface pour transformer cette dalle en véritable carnet numérique.

Ergonomie et stylet numérique : comment la Paper Pro reproduit l’écriture manuscrite
Le stylet, c’est le nerf de la guerre pour une tablette pensée comme un carnet. Remarkable l’a bien compris : le Marker tient grâce à des aimants et offre des sensations proches d’un crayon. Sur la Paper Pro, plusieurs détails ergonomiques changent réellement l’expérience. Les aimants sur le flanc droit sont suffisamment puissants pour éviter les pertes accidentelles, mais on recommande l’étui Book Folio si vous voyagez souvent — il verrouille le stylet avec un strap magnétique.
Le Marker Plus ajoute une gomme au bout, un ajout petit mais pratique. Oui, on peut râler que la gomme coûte un supplément (comptez une cinquantaine d’euros à l’achat groupé, beaucoup plus si pris séparément), mais dans les sessions de prise de notes intenses, pouvoir effacer d’un geste change la dynamique. Le Type Folio, quant à lui, transforme la tablette en machine de saisie légère : clavier AZERTY, touches rétroéclairées pour certaines lettres, mais pas toutes — un choix curieux qui a donné lieu à des réponses étonnantes de la marque. Résultat : utile si vous tapez, mais imparfait en basse lumière.
La reconnaissance d’écriture manuscrite est un vrai tour de force. Dans nos essais, la reconnaissance convertit des griffonnages hâtifs en texte exploitable avec une efficacité surprenante. Ce n’est pas infaillible, surtout avec une écriture très cursive, mais la latence quasi nulle et la qualité du rendu font que la conversion devient une étape naturelle du flux de travail. Le carnet numérique offre plusieurs fonds (lignes, carreaux, modèles divers) et la gestion des couches permet d’annoter des PDFs sans modifier l’original — très pratique pour le travail collaboratif ou la revue de documents.
Petit cas d’usage concret : Alex, notre chef de projet, utilise la Paper Pro en réunion. Il démarre sur une quick sheet pour griffonner l’idée, bascule ensuite vers un notebook dédié au projet, ajoute quelques annotations en couleur pour prioriser les tâches, puis exporte une page en PDF via l’extension Word/PowerPoint de Remarkable pour l’envoyer à l’équipe. À chaque étape, l’absence de latence et la qualité du stylet rendent le geste fluide et presque naturel.
Cependant, il y a des compromis. L’interface n’est disponible qu’en anglais au lancement, ce qui surprendra certains utilisateurs francophones. Et on regrette l’absence d’une calculatrice intégrée ou d’apps tierces : Remarkable a verrouillé l’écosystème pour garder l’objet purement dédié. Pour des usages scolaires ou administratifs, pensez à vérifier les intégrations disponibles ; des solutions comme outils de gestion de vie scolaire peuvent compléter un flux qui exige plus d’interactions multi-appareils.
Au final, la combinaison d’un stylet précis, d’une reconnaissance solide et d’un traitement de surface réussi font de la Paper Pro un outil convaincant pour qui attache de l’importance à l’écriture manuscrite. La suite s’intéresse à l’usage réel : synchronisation, stockage et la fameuse question de l’abonnement Connect.

Flux de travail, stockage et abonnements : la réalité du productivité numérique avec la Paper Pro
La tablette fonctionne bien comme un carnet isolé, mais la vraie valeur pour un professionnel se mesure à la manière dont elle s’intègre au reste de son écosystème. Remarkable impose la création d’un compte gratuit pour activer la tablette et synchroniser le contenu entre appareils. Gratuit, oui — mais l’option Connect (synchronisation et stockage illimités) est payante : 2,99 € par mois ou 29,90 € par an, avec un essai de 100 jours à l’activation. Cette stratégie rend l’utilisation fluide si vous acceptez l’abonnement, mais elle soulève une question pratique : combien de services numériques avons-nous besoin pour juste synchroniser nos notes ?
Technique et organisation : la Paper Pro propose 64 Go de stockage interne, dont environ 46 Go utilisables pour documents. Pour mettre en perspective, on y tient des centaines de PDFs, une quinzaine d’e-books et des archives manuscrites conséquentes. Lors de nos tests, la tablette gardait encore une marge confortable après l’import massif de fichiers. La mémoire non extensible est compensée par une vraie capacité interne qui évite de gérer des cartes SD externes.
Pour le partage et l’export, l’appareil sait converser avec Dropbox, Google Drive et OneDrive. Il existe également des extensions pour Word et PowerPoint qui exportent en PDF vers la tablette — un choix pragmatique : on garde le focus sur le document finalisé plutôt que sur le travail multi-app. Si vous travaillez en milieu éducatif, des outils complémentaires comme Educartable peuvent couvrir les besoins administratifs, tandis que la Paper Pro prend en charge la prise de notes et l’annotation.
Autonomie : grâce à l’e-ink, on dépasse facilement les deux semaines avec un usage de deux à trois heures par jour. C’est un confort rare aujourd’hui. En revanche, la connectique se limite à l’USB-C pour la recharge et le transfert de fichiers locaux, ce qui reste suffisant si vous n’attendez pas une tablette polyvalente.
Exemple pratique : un professeur d’université pourrait préparer ses cours sur un ordinateur, envoyer les PDFs à la Paper Pro via les extensions, annoter pendant les heures de bureau et synchroniser les notes avec le cloud pour que les étudiants y accèdent. Pour des environnements scolaires gérés, la combinaison d’une solution de gestion (comme celles mentionnées plus haut) et d’un carnet numérique peut réduire l’usage papier sans multiplier les outils.
Mais ce flux n’est pas sans friction : la dépendance à l’anglais dans l’interface, l’abonnement recommandé et la lecture limitée des formats protégés (à savoir, les ePubs DRM d’Amazon ou de la FNAC ne sont pas lisibles) restent des freins concrets. Dans la section suivante, on creuse ces limitations et leur portée éthique et pratique.

Limites, verrouillage logiciel et le débat du prix élevé : réflexions d’un hacker éthique
On peut approuver l’attention portée au produit tout en critiquant les choix qui limitent son accessibilité. Le point le plus saillant est le prix élevé. La Paper Pro est vendue 649 €. À ce tarif, l’addition monte vite si vous ajoutez un Marker Plus, un Book Folio ou un Type Folio. Pour les étudiants et beaucoup de professionnels, d’autres tablettes proposant une expérience proche existent autour de 400 €, comme la Kindle Scribe ou la Kobo Elipsa 2E. Le calcul est simple : est-ce que la couleur et la finition métallique valent le surcoût ? Pour certains, oui. Pour d’autres, non.
Verrouillage logiciel : Remarkable a fait le choix de circonscrire la tablette à sa fonction première — prise de notes et lecture légère. Pas de store, pas d’apps installables, et une interface uniquement en anglais pour l’instant. C’est une promesse de concentration : moins de distractions, meilleure productivité numérique. Mais c’est aussi une forme de contrôle. Pour un hacker éthique — et je parle en connaissance de cause — ce genre de décision force à réfléchir à la frontière entre simplicité volontaire et enfermement technique.
DRM et formats : autre regret notable, l’impossibilité d’ouvrir les livres protégés par Amazon ou la FNAC. Si vous achetez des e-books sur ces plateformes, oubliez l’idée de les lire directement. On perd en liberté d’usage, ce qui a des implications pratiques pour des travailleurs du savoir qui collectent des sources depuis divers éditeurs.
Confidentialité et synchronisation : l’abonnement Connect rend la synchronisation transparente, mais externalise aussi vos archives. Il est nécessaire de peser la balance entre commodité et souveraineté des données. Si la confidentialité est critique dans votre environnement professionnel, documentez la politique de stockage de Remarkable avant de confier vos dossiers.
Détail anecdotique : la politique de rétroéclairage du Type Folio — certaines touches atténuées sciemment — illustre cette démarche design-centrée qui ne pense pas toujours l’ergonomie jusqu’au bout. C’est symptomatique d’une marque qui tranche : optimisation forte pour l’essentiel, concessions sur le reste.
Final insight avant la partie suivante : la Paper Pro est un objet de désir pour les amateurs d’écriture manuscrite, mais elle pose des choix forts. Si vous êtes sensible à l’optimisation du geste d’écriture et à une autonomie de folie, elle mérite réflexion. Si vous exigez un appareil ouvert, polyvalent et à moindre coût, il faudra regarder ailleurs.

Accessoires, cas d’usage et recommandations pratiques pour maximiser la productivité numérique
Terminons sur des recommandations concrètes. Les accessoires peuvent transformer l’expérience : le Marker Plus, le Book Folio et le Type Folio ont des rôles distincts. Le Marker Plus facilite l’édition rapide grâce à sa gomme intégrée. Le Book Folio protège et sécurise le stylet pour le transport. Le Type Folio ajoute un clavier physique AZERTY utile pour les phases de rédaction. Mais attention au budget : acheter ces trois options fait exploser la note.
Conseils d’usage : si vous êtes étudiant ou professionnel en mobilité, priorisez l’étui Book Folio et un stylet de base. Si votre travail implique beaucoup de conversion manuscrit/texte, le Marker Plus devient pertinent. Pour une utilisation sédentaire heavy, le Type Folio peut être justifié. Un petit hack pratique : utilisez outils pour améliorer vos images avant de les importer en PDF sur la tablette, afin d’optimiser la lisibilité sur e-ink couleur.
Workflow recommandé par Alex : 1) Préparer les documents sur ordinateur, 2) convertir en PDF via l’extension Word/PowerPoint, 3) annoter et organiser en notebooks, 4) synchroniser via Connect si vous avez besoin d’accès multi-appareils, 5) exporter les notes importantes au format texte pour les intégrer dans un LMS ou une solution de gestion — par exemple, en complément d’une solution de gestion de vie scolaire pour les enseignants.
Personnalisation : si vous aimez personnaliser vos fonds d’écran ou vos documents, il existe des ressources pour habiller votre appareil — de fonds d’écran à bandes, des modèles de carnet, etc. Pour trouver des fonds ou images pour agrémenter l’interface, jettez un œil à des sélections en ligne telles que sites de fonds d’écran — prenez les visuels avec parcimonie pour ne pas alourdir la lisibilité.
Pour des usages administratifs et signatures, des outils comme Skribble peuvent compléter la chaîne de valeur : exportez, signez, archivez. Et pour améliorer la qualité rédactionnelle de vos notes converties, des services comme Scribens peuvent aider à peaufiner les transcriptions avant diffusion.
En conclusion de cette section pratique — et non d’un article entier — la Paper Pro s’adresse à qui veut faire le saut vers un carnet numérique soigné, axé sur la prise de notes numérique et la concentration. C’est un bel outil, mais pas universel. Choisissez en connaissance de cause et adaptez vos accessoires et services pour coller à votre workflow.

La Paper Pro peut-elle remplacer un carnet papier pour un étudiant ?
Oui, sur le plan de la prise de notes et de l’organisation, surtout grâce à la reconnaissance manuscrite et aux notebooks. Attention cependant au prix élevé et à l’absence de lecture des ePubs protégés par DRM. Si la couleur n’est pas indispensable, la Remarkable 2 ou des alternatives autour de 400 € peuvent suffire.
Dois-je prendre l’abonnement Connect ?
L’abonnement Connect fluidifie la synchronisation et offre un stockage illimité. Pour un usage multi-appareils régulier, il est pratique. Si vous préférez garder tout local, la tablette fonctionne sans abonnement mais avec moins d’automatisation.
La reconnaissance d’écriture est-elle fiable ?
Elle est très performante et gère bien la plupart des écritures. Les résultats varient selon la qualité du trait et la vitesse d’écriture, mais dans nos tests la conversion était largement exploitable.
Quels accessoires valent l’investissement ?
Le Book Folio est conseillé pour la protection et le maintien du stylet. Le Marker Plus est utile si vous corrigez beaucoup. Le Type Folio est pertinent pour la saisie prolongée, mais son prix le réserve à des usages intensifs.
