Le Samsung 65S92H bouscule une idée reçue tenace dans le monde de la TV : non, un téléviseur OLED n’est pas condamné à vivre dans une pièce obscure. Avec son filtre « Sans Reflet » redoutablement efficace, ce modèle 4K 165 Hz noté 4,5 sur 5 par nos confrères des Numériques réussit l’exploit d’offrir des noirs profonds même en plein jour. Voilà qui change la donne pour les salons baignés de lumière.
Un contraste infini, même fenêtres ouvertes
Le vrai tour de force du 65S92H, c’est son traitement antireflet. Là où la plupart des OLED voient leur image se délaver au moindre rayon de soleil, ce Samsung conserve une lisibilité bluffante. Le noir peut certes légèrement souffrir dans une pièce très lumineuse, mais la différence avec un OLED classique est spectaculaire. Pour la première fois, on installe une dalle organique face à une baie vitrée sans regret.
La dalle WOLED ne se contente pas de cet atout. Elle délivre un pic HDR de 1610 cd/m² sur une fenêtre de 2 %, un chiffre solide qui donne du punch aux scènes lumineuses sans trahir l’ADN du contraste infini. La calibration en mode Filmmaker est excellente, avec un Delta E mesuré à 1,5 en SDR et 2,0 en HDR. Ajoutez une couverture à 99,3 % du DCI-P3 et vous obtenez une image fidèle, précise, qui flatte autant les films que les séries haut de gamme.
165 Hz : le nouveau terrain de jeu des gamers
Avec son taux de rafraîchissement de 165 Hz et ses quatre ports HDMI 2.1, le 65S92H ne fait aucun compromis sur le gaming. L’input lag tombe à 9,3 ms en 60 Hz et 4,8 ms en 120 Hz, des chiffres qui classent ce modèle parmi les plus réactifs du marché. VRR, ALLM, 4K à 120 Hz : tout l’arsenal est présent. Seul regret pour les puristes, l’absence de Dolby Vision au profit du HDR10+, une position historique de Samsung qui continue de diviser.
Côté audio, le tableau est plus modeste. Le son est correct pour un usage quotidien, mais les basses peinent à se faire entendre. Pour le cinéma ou le gaming immersif, une barre de son reste vivement conseillée. La télécommande non rétroéclairée rappelle aussi que Samsung a gratté quelques euros sur les à-côtés, un détail agaçant dans cette gamme de prix.
1800 euros, le prix du juste milieu
Positionné autour de 1800 euros, le 65S92H trouve sa place entre le S90F, moins cher mais dépourvu d’antireflet, et le S95F QD-OLED, plus lumineux mais facturé 2100 euros. Face au LG C6, qui gère mieux le noir en pièce éclairée mais affiche un filtre antireflet moins convaincant, le Samsung joue la carte de l’équilibre. Son OS Tizen assure une navigation fluide, au prix d’un compte Samsung obligatoire, une contrainte qui agacera les réfractaires aux écosystèmes verrouillés. La consommation mesurée à 69,7 W reste dans la norme, sans éclat particulier.
Avec ce 65S92H, Samsung démontre qu’un OLED peut enfin sortir de la pénombre. Il aura fallu attendre 2026 pour qu’un téléviseur nous encourage à ouvrir grand les rideaux. Le progrès, finalement, c’est aussi d’accepter de regarder la lumière en face.
