Décret Trump IA du 2 juin 2026 : les modèles frontier sous examen
Le 2 juin 2026, Donald Trump signe un executive order qui installe un examen gouvernemental des modèles d’IA les plus puissants avant leur mise sur le marché. Officiellement « volontaire », le dispositif sent surtout le compromis arraché aux forceps après qu’Anthropic a prouvé que son dernier modèle savait casser tous les OS de la planète.
Décembre 2025. Trump signe un premier décret IA créant un « rulebook unique » fédéral, taillé pour écraser les législations des États. David Sacks, nommé « AI and crypto czar », répète le mantra : surtout ne pas entraver l’innovation américaine. Sauf que les modèles, eux, bossent.
Novembre 2025 : Anthropic sort Claude Opus 4.5. Alex Stamos, ex-CISO de Facebook, confirme au micro de NPR : « Les LLM ont désormais dépassé la capacité humaine pour la découverte de bugs. » Daniel Stenberg, mainteneur de cURL, vit la bascule : en 2025, sur 185 rapports de vulnérabilités assistés par IA, moins de 5% étaient de vrais problèmes. Premier trimestre 2026 : la quasi-totalité des rapports sont légitimes, un sur dix est une faille réelle.
Puis arrive le 7 avril 2026. Anthropic dévoile Mythos Preview. Le modèle trouve, en quelques semaines, des milliers de vulnérabilités zero-day dans tous les OS majeurs. Anthropic le confine sous le nom de Project Glasswing — douze partenaires dont Apple, Microsoft, CrowdStrike y ont accès; quarante organisations au total.
Capybara, Sacks et Zuckerberg : anatomie d’un décret mort-né (puis ressuscité)
La première mouture du décret, prévue pour le 21 mai 2026, autorisait un examen jusqu’à 90 jours. David Sacks, Elon Musk et Mark Zuckerberg appellent Trump directement. L’argument : le cadre volontaire deviendra un régime obligatoire de fait. Trump tranche : « I didn’t like certain aspects of it. » Le décret est enterré. Sacks n’a même pas prévenu son propre staff avant d’appeler.
Mais Mythos ne disparaît pas. Le 2 juin, Trump signe une version révisée : trente jours au lieu de quatre-vingt-dix.
Trente jours, le chiffre qui ne dit pas son nom
Le texte charge la NSA et la CISA de développer un processus classifié de benchmarking. Le mot-clé, c’est « peut » — le décret précise que rien ne saurait être interprété comme autorisant la création d’une exigence obligatoire. Pourtant, dans les faits, ce cadre deviendra un ticket d’entrée implicite pour quiconque veut décrocher un contrat fédéral.
Le Pentagone a déjà classé Anthropic comme « risque de chaîne d’approvisionnement », interdisant aux contractants militaires d’utiliser sa technologie. Anthropic a attaqué l’administration en justice.
Hacker avec une IA : le DOJ muscle son jeu
L’Attorney General reçoit instruction de prioriser les poursuites contre quiconque utilise une IA pour violer le Computer Fraud and Abuse Act. En clair : si tu casses un serveur avec un LLM, tu deviens une cible prioritaire.
Pendant ce temps, les modèles open-weight chinois ont, selon Alex Stamos, moins d’un an de retard sur les leaders américains. Et contrairement à Mythos, ils n’ont pas de garde-fous qu’une boîte californienne aurait choisi d’activer.
On vient d’installer un portique de sécurité à l’entrée d’un aéroport pendant qu’une piste d’atterrissage non contrôlée reste ouverte cinq cents mètres plus loin. Le vrai test ne sera pas juridique — il sera technique.