Meta enterre le mariage avec Ray-Ban et dégaine sa propre marque de lunettes connectées. Les Meta Glasses arrivent en France dès maintenant, avec trois montures, un prix d’attaque à 309 euros et un poids divisé par deux.
Ray-Ban délogé, EssilorLuxottica reste
Jusqu’ici, les lunettes connectées de Meta portaient exclusivement le logo de la mythique marque américaine. Les Ray-Ban Meta (Gen 2) et les Oakley Meta HSTN étaient les seules options disponibles. Meta s’émancipe aujourd’hui de cette identité visuelle et lance sa propre ligne, sobrement baptisée Meta Glasses. La maison-mère de Facebook conserve son partenariat industriel avec le groupe italien EssilorLuxottica, qui joue désormais le rôle de fabricant en marque blanche. Le design reste donc aux mains des experts de la lunetterie, mais le branding est désormais 100 % Meta.
Cette décision stratégique permet à Meta de contrôler totalement l’identité de ses produits, sans partager la vedette avec une marque tierce. C’est aussi un moyen de segmenter sa gamme : les produits Ray-Ban et Oakley continuent d’exister pour le haut de gamme, tandis que les Meta Glasses visent un public plus large. Un schéma classique dans l’industrie tech, où Apple décline ses iPhone en versions Pro et standard.
Trois modèles, un prix qui casse les codes
Meta dévoile trois montures aux formes distinctes : l’Adventurer aux verres rectangulaires, le Fury au format carré, et la Starfire Kylie Edition, une version ovale signée par la célèbre influenceuse Kylie Jenner. Les deux premiers modèles s’affichent à 309 euros, tandis que la version Kylie Jenner monte à 419 euros. Pour mettre ces chiffres en perspective, les Ray-Ban Blayzer Optics (Gen 2) démarrent à 469 euros, et les Wayfarer (Gen 2) à 419 euros. La différence tarifaire ne provient pas d’un downgrade technique, mais d’un repositionnement : Meta rogne sur le branding pour rendre ses lunettes plus accessibles. Mark Zuckerberg justifie cette stratégie : « Notre partenariat avec EssilorLuxottica vise à intégrer une IA puissante dans des montures que les gens ont vraiment envie de porter. »
Fiche technique identique, poids en moins
Côté caractéristiques, les Meta Glasses reprennent le gros de ce qui faisait la force des Ray-Ban Meta. On retrouve le capteur 12 mégapixels capable de filmer en 3K à 30 images par seconde, le stockage de 32 Go et l’autonomie de huit heures. Les fonctionnalités IA sont également au rendez-vous : traduction instantanée, assistant Meta AI, contrôle musical, appels et capture photo au geste. Le tout dialoguait via Bluetooth 5.4, une version plus récente que le 5.3 des Ray-Ban Meta, et embarque six microphones au lieu de cinq pour une meilleure capture audio.
Le vrai changement est ailleurs : le poids. Là où les Ray-Ban Meta culminent à 51-53 grammes, les Meta Glasses descendent à 25-30 grammes selon le modèle. C’est quasiment deux fois plus léger, un confort qui change tout pour un port prolongé. Meta ne détaille pas l’origine de cette réduction de poids : batterie plus compacte, matériaux différents ou architecture mieux optimisée. Il faudra les tester pour savoir si cette légèreté se fait au détriment de la robustesse. Les montures acceptent les verres correcteurs et restent compatibles avec iOS 17 minimum (contre iOS 15.2 pour les Ray-Ban) et Android 10. Le passage au Bluetooth 5.4 améliore la latence et la stabilité de la connexion, un point sensible sur les wearables où chaque milliseconde compte pour la capture vocale et le déclenchement photo.
Un timing pas innocent face à Samsung
Cette sortie tombe à un moment stratégique. Samsung doit lancer ses propres lunettes connectées cet automne, en partenariat avec Gentle Monster et Warby Parker. Les Galaxy Glasses, dévoilées en avril, adoptent une approche similaire : design mode, partenariat lunetier, fonctionnalités IA embarquées. Meta avait tout intérêt à élargir sa gamme et casser ses prix avant l’arrivée de ce concurrent. La baisse de prix permet aussi de toucher un public moins premium, là où les Ray-Ban Meta restaient un accessoire autour de 500 euros. Les Meta Glasses sont d’ores et déjà disponibles en France sur le site de Meta, avec des verres correcteurs en option.
L’IA sur le nez : le pari de l’oubli
Reste une question ouverte : à quel point le grand public est-il prêt à porter des lunettes-caméras au quotidien ? Les précédentes tentatives, des Google Glass aux Snap Spectacles, se sont heurtées à la fois à des problèmes de prix, de design et d’acceptation sociale. Meta parie sur la légèreté et le prix pour faire sauter ce verrou psychologique. Les premiers retours des testeurs américains pointent une utilisation naturelle, presque oubliée, renforcée par des fonctionnalités vraiment utiles comme la traduction en temps réel ou le guidage vocal. Avec une gamme moins chère et deux fois plus légère que ses prédécesseures, Meta force la porte d’un marché qui combine assistants vocaux, capture immersive et données de première main pour son écosystème. Le monde des wearables n’a pas fini de nous surprendre, et cette fois, le pari semble mieux calibré que jamais.
