Microsoft vient de publier KB5094126, la mise à jour de juin 2026 qui ne se contente pas de corriger des bugs. Elle introduit le Low Latency Profile, une optimisation CPU qui rend Windows 11 sensiblement plus réactif, et le gain est chiffré — jusqu’à 70 % plus rapide sur le menu Démarrer.
Depuis le lancement de Windows 11 en octobre 2021, une critique revient en boucle : l’OS donne parfois l’impression de ramer sur des actions pourtant basiques. Ouvrir le menu Démarrer, lancer une application native, cliquer sur le Centre de notifications — autant de micro-latences qui, cumulées sur une journée de travail, finissent par user les nerfs des utilisateurs les plus patients. Avec KB5094126, déployée le 9 juin 2026 via Windows Update, Microsoft s’attaque frontalement à ce problème.
Cette mise à jour cumulative concerne toutes les machines sous Windows 11 24H2 (build 26100.8655) et 25H2 (build 26200.8655). Elle est installée automatiquement, mais la fonctionnalité phare — le Low Latency Profile — est activée progressivement via le mécanisme de Controlled Feature Rollout (CFR). Traduction : vous pouvez avoir le bon build sans encore en bénéficier. On vous explique comment vérifier.
1 à 3 secondes de turbo : le « race to sleep » arrive sur Windows

Le principe du Low Latency Profile (LLP) est d’une élégance presque gênante de simplicité. Quand vous déclenchez une action jugée prioritaire par le système — ouvrir le menu Démarrer, lancer une app native, afficher le Centre de notifications ou les paramètres rapides — le CPU monte brièvement à sa fréquence maximale pendant 1 à 3 secondes, puis redescend automatiquement à son état normal. Cette technique, connue sous le nom de « race to sleep », consiste à exécuter la tâche le plus vite possible pour retourner plus rapidement à un état de veille profonde. Le pic de fréquence est trop bref pour générer de la chaleur ou impacter l’autonomie.
C’est une approche que macOS et Linux utilisent depuis des années dans leurs ordonnanceurs respectifs. Microsoft la déploie enfin sur Windows 11, et le résultat est chiffré : le menu Démarrer et les éléments d’interface s’ouvrent jusqu’à 70 % plus vite, et certaines applications intégrées démarrent 40 % plus rapidement. Le gain est particulièrement marqué sur les machines anciennes et les PC portables à processeur modeste, là où la latence était la plus frustrante au quotidien.
Scott Hanselman, vice-président chez Microsoft, a défendu publiquement cette fonctionnalité en mai 2026, rappelant qu’Apple applique la même logique sur ses OS depuis longtemps et que les utilisateurs l’apprécient. Difficile de lui donner tort sur le fond, mais on peut sourire du timing : il aura fallu quatre ans et demi pour que Windows 11 intègre une optimisation que ses concurrents maîtrisent depuis une décennie.

NPU, Bluetooth partagé et autres bonus de juin

KB5094126 ne se résume pas au LLP. La mise à jour embarque le support du Bluetooth LE Audio partagé, qui permet à deux personnes d’écouter un même flux audio depuis un seul PC avec deux casques distincts. Pratique pour les sessions de coworking ou les formations en duo. Elle active également le multi-app camera : plusieurs applications peuvent utiliser la webcam simultanément, ce qui met fin à la restriction une-appli-à-la-fois qui agaçait les utilisateurs de Teams, Zoom et OBS en parallèle.
Pour les pros de la tech qui suivent la montée en puissance des PC équipés de NPU, l’affichage du processeur IA dans le Gestionnaire des tâches est une avancée concrète. Sur les Copilot+ PC et autres machines compatibles, vous pouvez désormais surveiller l’utilisation du NPU par processus, exactement comme le CPU, le GPU ou le réseau. Microsoft améliore aussi Windows Search, qui trouve désormais des fichiers avec seulement deux caractères, et Windows Hello, qui revient par défaut à la reconnaissance faciale ou digitale après chaque session.
Côté sécurité, le patch met à jour les certificats Secure Boot et corrige un bug critique de BSOD (HYPERVISOR_ERROR 0x20001) qui affectait les environnements virtualisés. Un correctif bienvenu pour les admins système qui jonglent avec Hyper-V au quotidien.
Comment vérifier (et forcer) l’activation

Le LLP est déployé progressivement via CFR, sans notification ni paramètre visible. Pour savoir si votre machine en profite déjà, la méthode la plus fiable est d’utiliser HWiNFO (gratuit) : lancez-le en mode capteurs, ouvrez le menu Démarrer, et observez la fréquence CPU. Si elle grimpe brièvement au maximum avant de redescendre en 1 à 3 secondes, le LLP est actif. Le Gestionnaire des tâches est trop lent pour capturer ces pics.
Si rien ne bouge, vous pouvez forcer l’activation avec ViVeTool, l’outil open source qui débloque les fonctionnalités masquées de Windows. En ligne de commande administrateur :
vivetool /enable /id:58989092
Un redémarrage suffit. Sur une machine virtuelle double-cœur avec 4 Go de RAM testée par Windows Latest, le menu Démarrer est passé d’un délai perceptible à une ouverture instantanée. Sur un PC récent, la différence est plus subtile, mais la fluidité accrue des interactions quotidiennes se fait sentir dès les premières minutes.
KB5094126 est la mise à jour que Windows 11 aurait dû recevoir le jour de sa sortie. Il aura fallu attendre juin 2026 pour que Microsoft admette, par le code plutôt que par les mots, que l’UI de son OS méritait un sérieux coup de polish. Prochain chantier sur la liste de souhaits : le menu contextuel, toujours aussi capricieux depuis 2021. On ne désespère pas.