Le 8 juin 2026, Tim Cook montait sur scène pour sa dernière keynote WWDC en tant que CEO d’Apple. Quatorze ans de règne, et une sortie qui ressemble plus à un soupir qu’à un feu d’artifice.
La Worldwide Developers Conference 2026, qui s’est tenue du 8 au 12 juin à Cupertino, était présentée comme le grand rendez-vous logiciel de l’année. Apple y a dévoilé iOS 27, un Siri nouvelle génération, et esquissé les contours de son avenir en intelligence artificielle. Mais derrière les superlatifs, une réalité plus inconfortable : Apple court après les autres, et cette fois, même la magie du keynote n’a pas suffi à masquer les angles morts.
La der de Tim Cook, et puis s’en va
C’était le dernier tour de piste. Apple a confirmé en avril 2026 que Tim Cook passera la main à John Ternus le 1er septembre prochain, le patron du hardware devenant CEO d’une entreprise qui pèse plus de 3 000 milliards de dollars. Cook devient Executive Chairman, un rôle plus honorifique.
Sa dernière WWDC était donc scrutée avec une attention particulière : allait-il partir sur un coup d’éclat ? La réponse est non. Pas de One more thing, pas d’iPhone Fold dévoilé en surprise. Juste une keynote propre, professionnelle, et étrangement dépourvue d’étincelle.
Comme le résume Julien Vercoutère des Numériques : « Plus les pontes de Cupertino enchaînaient les superlatifs, plus la mélodie sonnait faux. »
Siri prend le métro Gemini
La plus grosse annonce de cette WWDC 2026, c’est le nouveau Siri. Entièrement reconstruit, il s’appuie désormais sur un modèle Google Gemini sur mesure de 1 200 milliards de paramètres, selon un partenariat annoncé en janvier 2026 entre Apple et Google. Le deal est estimé à environ un milliard de dollars par an par Bloomberg.
Concrètement, Siri gagne une application dédiée avec historique de conversations, une intégration dans la Dynamic Island de l’iPhone, et la possibilité de choisir entre plusieurs modèles d’IA (ChatGPT, Claude, Gemini). Les tâches privées restent sur l’appareil ; le raisonnement lourd passe par les serveurs Private Cloud Compute d’Apple, pas ceux de Google.
L’ironie est de taille : Apple, champion du jardin fermé, dépend désormais de son rival historique pour faire fonctionner son assistant vocal. C’est un peu comme annoncer un restaurant gastronomique « fait maison », puis apprendre que le plat principal arrive en Uber Eats.
Bruxelles dit niet, Federighi fulmine
Et pour les utilisateurs européens, la pilule est encore plus amère. Apple a confirmé le 8 juin que Siri AI ne sera pas disponible dans l’Union européenne au lancement d’iOS 27 et d’iPadOS 27, en raison du Digital Markets Act (DMA).
Craig Federighi, le patron logiciel d’Apple, n’a pas masqué sa frustration : « Nous sommes profondément déçus que nos utilisateurs européens n’aient pas Siri AI sur iPhone ou iPad. Nous espérons à terme le proposer dans l’UE, mais le refus des régulateurs de s’engager de manière constructive fait que nous n’avons actuellement aucun calendrier. »
La Commission européenne a rejeté toutes les propositions d’Apple, y compris un « Trusted System Agent » qui aurait permis aux assistants virtuels tiers d’accéder aux mêmes fonctionnalités que Siri AI dans l’UE, avec un déploiement progressif sur 18 mois. Résultat : les 27 États membres, France incluse, sont laissés sur le carreau sans perspective de date.
iOS 27, le grand ménage de printemps
Pour le reste, iOS 27 s’annonce comme une mise à jour « Snow Leopard » : stabilité avant tout. Apple corrige les dérapages de l’interface Liquid Glass introduite avec iOS 26, la transparence excessive causait des migraines, selon Les Numériques. iOS 27 remet du contraste, rend les icônes plus lisibles et ajoute un curseur de transparence.
Côté audio, les AirPods reçoivent enfin un égaliseur. Avec trois réglages seulement, on est loin d’un EQ paramétrique, mais c’est déjà une reconnaissance implicite que tous les utilisateurs n’ont pas la même sensibilité auditive.
La compatibilité évolue aussi : l’iPhone 11 est abandonné, iOS 27 nécessite au minimum un iPhone 12. Les fonctions Apple Intelligence et le nouveau Siri exigent quant à eux un iPhone 15 Pro ou plus récent.
Bref, du ménage, des corrections, mais aucune fonction qui fera basculer un utilisateur Android.
Tim Cook quitte la scène avec un Apple en position étrange : dépendant de Google pour l’IA, en conflit ouvert avec Bruxelles, et misant tout sur le matériel à venir, iPhone Fold, iPhone Ultra, et pourquoi pas un iPhone XX « tout en verre » pour les 20 ans du téléphone en 2027. John Ternus, lui, hérite d’une boîte aux lettres bien remplie. Avec ou sans Siri pour trier les messages.
