Nvidia préparerait une RTX 5090 SE, une carte graphique positionnée entre la RTX 5080 et la RTX 5090. Les spécifications filtrées par le site russe GameGPU dessinent un monstre à 14 080 cœurs CUDA et 500 watts, mais le doute plane sur la mémoire embarquée.
L’écart entre la RTX 5080 et la RTX 5090 est un gouffre : 10 752 cœurs CUDA contre 21 760, 360 watts contre 575, 1 000 $ contre 2 000 $. Assez large pour qu’une carte intermédiaire trouve sa place. Selon le site russe GameGPU, relayé par Les Numériques et Overclocking.com en juillet 2026, Nvidia aurait dans ses cartons une RTX 5090 SE (Special Edition), taillée pour occuper ce terrain vague entre deux générations de flagships.
La fiche technique fait saliver. La RTX 5090 SE reposerait sur la même puce GB202 que la RTX 5090, mais avec 110 unités de calcul actives sur 192, soit 14 080 cœurs CUDA, 110 cœurs RT et 440 cœurs Tensor. C’est 31 % de plus que la RTX 5080 (10 752 cœurs), mais 35 % de moins que la RTX 5090 (21 760 cœurs). Un positionnement qui n’est pas sans rappeler celui des anciennes RTX 3080 Ti ou 2080 Ti, elles aussi venues combler un vide dans la gamme.
32 Go ou 24 Go de GDDR7 : le mystère mémoire
C’est le point qui divise les spécialistes. GameGPU annonce 32 Go de GDDR7 sur un bus 384 bits, soit la même capacité que la RTX 5090. Problème : cette configuration est mathématiquement étrange. Avec des modules de 2 Go, un bus 384 bits donne 24 Go. Avec des modules de 3 Go, on monte à 36 Go. Pour atteindre 32 Go, il faudrait mélanger des puces de densités différentes, une pratique que Nvidia évite depuis la polémique de la GTX 970 en 2015. Plusieurs analystes jugent donc les 24 Go plus crédibles, bien que cela n’ait pas été confirmé.
500 watts : le refroidissement en question
Avec un TDP annoncé de 500 watts, la RTX 5090 SE s’intercale logiquement entre les 360 W de la RTX 5080 et les 575 W de la RTX 5090. Une alimentation de 1 000 W resterait conseillée, et les partenaires AIB (Asus, MSI, Gigabyte) devraient sortir des cartes à trois ou quatre ventilateurs. Le recyclage de puces GB202 imparfaites, trop faibles pour passer les tests de la RTX 5090, expliquerait ce bridage, une pratique courante chez Nvidia pour rentabiliser ses wafers.
Un prix a 1 500 $, et des SUPER en route
Le tarif avancé par GameGPU atteint 1 500 dollars, soit 50 % de plus que la RTX 5080 (1 000 $) mais 25 % de moins que la RTX 5090 (2 000 $). Un positionnement qui rappelle celui des cartes Ti d’antan. Nvidia préparerait aussi une RTX 5080 SUPER avec 24 Go de GDDR7 sur un bus 256 bits, ainsi que des versions SUPER des RTX 5070, 5070 Ti et 5080, toutes attendues pour le CES 2027 en janvier.
Rumeur ou fuite : que faut-il en penser ?
GameGPU n’a pas fourni de documentation interne ni de photos de prototype. La source est unique, le site russe n’a pas partagé son bordereau de livraison, et plusieurs experts, dont ceux de Notebookcheck, estiment que la configuration 32 Go est « techniquement improbable » sans un redesign du bus mémoire. À l’inverse, le positionnement produit est parfaitement logique : un écart béant entre deux gammes, des puces à recycler, et un marché prêt à payer le prix fort pour une carte haut de gamme sans atteindre le tarif stratosphérique de la 5090. Nvidia, contacté par plusieurs médias, n’a pas commenté ces rumeurs.
Côté logiciel, la RTX 5090 SE bénéficierait des mêmes optimisations que le reste de la gamme Blackwell : DLSS 4 avec frame generation assistée par IA, Reflex 2 pour la latence réduite, et un encodage NVENC de neuvième génération. Les créateurs de contenu y trouveraient un compromis séduisant entre puissance brute et budget, surtout dans un contexte où les tarifs des GPU flambent et où la RTX 5090 peine à rester en stock. Le segment des postes de travail et des stations de rendu, traditionnellement friand de ces cartes intermédiaires, pourrait être le premier bénéficiaire si le prix reste sous la barre des 1 800 euros en Europe.
Cette stratégie n’est pas nouvelle chez Nvidia. La gamme RTX 40 avait déjà vu une RTX 4080 Ti finalement jamais officialisée, laissant la RTX 4090 régner seule. Cette fois, l’écart entre la 5080 et la 5090 est encore plus marqué qu’entre les 4080 et 4090 : 10 752 cœurs contre 21 760, contre 9 728 contre 16 384 pour la génération Ada Lovelace. Un fossé qui justifie d’autant plus l’arrivée d’un modèle intermédiaire. Côté AMD, aucune carte RDNA 4 ne vient concurrencer ce segment pour l’instant, laissant le champ libre à Nvidia sur le haut de gamme.
Si la RTX 5090 SE se concrétise, elle offrirait un rapport performance-prix inhabituel dans le haut de gamme, ce qui, de la part de Nvidia, serait presque une surprise. Rendez-vous au CES 2027 pour savoir si la bête existe vraiment.
