Microsoft a fixé les dates de la fin du support de son client de synchronisation OneDrive sur Windows 10. La première échéance tombe le 15 août 2026 pour les versions obsolètes, et le 10 octobre 2028 pour la 22H2. De quoi laisser le temps aux professionnels d’anticiper, mais une question demeure : rester sur Windows 10 avec une alternative, ou passer à Windows 11 ?
Ce 16 juillet 2026, Microsoft a officialisé une nouvelle aussi prévisible que décisive : le support du client de synchronisation OneDrive prendra fin sur Windows 10 de manière progressive. Concrètement, le client intégré qui permet de synchroniser fichiers, photos et documents entre le PC et le cloud ne recevra plus de mises à jour de sécurité ni de fonctionnalités au-delà des dates annoncées. Pour les utilisateurs de Windows 10 version 22H1, déjà obsolète depuis décembre 2022, le couperet tombe dès le 15 août 2026. Le service devrait continuer à fonctionner quelques temps, mais sans correctifs : un risque de sécurité que peu d’entreprises voudront prendre.
Pour la majorité des utilisateurs encore sur Windows 10 22H2, la version la plus récente, le délai est plus confortable. Microsoft y maintiendra le support de OneDrive jusqu’au 10 octobre 2028, soit un an après la fin du support du système d’exploitation lui-même (prévue en octobre 2027 via le programme ESU). Là encore, la synchronisation pourra se poursuivre temporairement, mais sans les patchs de sécurité qui font la différence entre un poste de travail fiable et une porte ouverte aux attaquants.
Cette annonce de Microsoft survient dans un contexte où l’entreprise multiplie les signaux en faveur de la migration vers Windows 11. Le géant de Redmond pousse ses clients professionnels à moderniser leur parc, alors que Windows 10 équipe encore une part significative des postes de travail en entreprise. Selon les dernières estimations, Windows 10 représenterait environ 60% des parts de marché des OS desktop en juillet 2026.
Deux options pour les pros : migration ou alternatives
Face à cette échéance, deux stratégies s’offrent aux professionnels et aux directions informatiques. La première, et celle que Microsoft recommande naturellement, est la migration vers Windows 11. L’OS le plus récent intègre nativement la dernière version du client OneDrive, avec des fonctionnalités comme la synchronisation sélective, les fichiers à la demande et l’intégration Copilot. La mise à jour reste gratuite pour les machines éligibles, même si les critères matériels (TPM 2.0, processeur récent) excluent encore une partie du parc.
La seconde option consiste à rester sur Windows 10 et à adopter une solution alternative de cloud storage. Plusieurs services compatibles avec l’écosystème Microsoft existent : Proton Drive, l’alternative suisse chiffrée de bout en bout, ou kDrive de Infomaniak, hébergé en Suisse et respectueux du RGPD. Ces solutions offrent une synchronisation locale comparable à OneDrive, sans dépendre du calendrier de Microsoft. Pour les entreprises déjà engagées dans l’écosystème Microsoft 365, la migration vers Windows 11 reste toutefois la voie la plus simple pour préserver l’intégration avec Teams, SharePoint et Exchange.
Quelles conséquences pour les équipes IT ?
Les directions techniques doivent intégrer cette échéance dans leur plan de migration. Avec une première date butoir au 15 août 2026 pour les machines en 22H1, il reste moins d’un mois pour les parcs qui n’auraient pas encore basculé. Les postes en 22H2 disposent d’un répit jusqu’en octobre 2028, mais la fenêtre se referme progressivement. Au-delà de ces dates, plus aucun correctif de sécurité ne sera déployé pour le client OneDrive, exposant les données d’entreprise à des risques de fuite ou d’interception.
L’impact est particulièrement sensible pour les organisations qui utilisent OneDrive comme point d’entrée vers SharePoint Online et Microsoft Teams. Le client de synchronisation locale est en effet le maillon faible qui relie le poste de travail aux bibliothèques de documents partagées. Sans mises à jour, les vulnérabilités non corrigées pourraient compromettre l’ensemble de la chaîne : un poste Windows 10 sans OneDrive à jour devient un risque pour tout le tenant Microsoft 365.
La décision de Microsoft s’inscrit dans une stratégie plus large de consolidation. L’éditeur a récemment annoncé l’abandon de 50 produits en 2026, et la fin du support de OneDrive sur Windows 10 en fait partie. Pour les RSSI, l’équation est simple : soit on migre le parc vers Windows 11, soit on prépare une solution de repli avec un fournisseur alternatif, en formant les équipes à la nouvelle interface de synchronisation.
Côté Windows 11, Microsoft a récemment introduit un assistant de migration simplifié qui analyse la compatibilité matérielle et logicielle des postes, génère un rapport d’éligibilité et propose un calendrier de bascule. Les entreprises disposant d’un abonnement Microsoft 365 peuvent également déployer Windows 11 via Windows Autopatch, réduisant la charge sur les équipes IT. La version 23H2 de Windows 11 intègre par ailleurs une meilleure gestion de l’énergie et des performances accrues sur les machines équipées de SSD NVMe.
En attendant, le client OneDrive continuera de fonctionner sur Windows 10 au-delà des dates annoncées, mais sans filet de sécurité. Une situation que peu de DSI voudront expérimenter, d’autant que les cyberattaques ciblant les postes de travail non patchés restent l’un des vecteurs d’intrusion les plus fréquents en 2026, selon les rapports d’Anssi et de l’ENISA.
