Windows 11 souffle ses cinq bougies ce 24 juin 2026, et Microsoft a choisi de fêter l’événement à sa façon : une mise à jour massive. Au menu, un tout nouveau système de restauration, des widgets moins envahissants, des performances en hausse, et la possibilité de dire « pas maintenant » aux mises à jour pendant plus d’un mois.
Cinq ans après son lancement en octobre 2021, Windows 11 empile les mises à jour sans toujours convaincre. Mais la KB5095093, déployée ce 24 juin, marque un vrai cap. Disponible pour les versions 24H2 (build 26100.8737) et 25H2 (build 26200.8737), elle introduit un mécanisme de récupération que les utilisateurs appelaient de leurs vœux depuis des années. Un geste fort de Microsoft, qui doit aussi composer avec la pression réglementaire européenne sur les mises à jour forcées.
Un système de restauration qui change la donne
La tête d’affiche s’appelle sobrement « Restauration à un instant dans le passé ». Derrière ce nom un peu long, une promesse simple : récupérer un PC qui a mal tourné après une mise à jour foireuse ou une application capricieuse, sans passer par la réinstallation intégrale. Le principe est : Windows capture une image complète du disque système à intervalles réguliers. Par défaut, un cliché toutes les 24 heures, avec conservation des trois derniers points de restauration, soit un maximum de 72 heures de recul. En cas de pépin, un passage par l’environnement de récupération WinRE permet de revenir à un état antérieur, applications et fichiers compris.
Techniquement, la fonction s’appuie sur le service VSS (Volume Shadow Copy), une brique bien connue des administrateurs système pour les sauvegardes de volumes, mais rarement exploitée côté utilisateur. L’ensemble est désactivable et paramétrable, y compris l’espace de stockage alloué. Les points de restauration sont automatiquement purgés si le disque vient à manquer de place. Particularité : la fonction est activée par défaut pour les particuliers, mais désactivée pour les postes en entreprise. Les DSI qui voudraient en bénéficier devront la déployer via GPO ou Intune.
Des widgets moins bavards
Microsoft a aussi entendu les plaintes sur ses widgets. Ces panneaux d’information météo, sport ou finance qui s’invitent sur le bureau vont se faire plus discrets. L’éditeur promet moins d’interruptions intempestives et des performances revues à la hausse, au même titre que le démarrage de l’Explorateur de fichiers ou les connexions Bluetooth. Des gains de réactivité qui font du bien sur une machine de tous les jours, surtout quand on jongle entre plusieurs applications.
Correctifs en cascade et déploiement progressif
Au-delà des fonctionnalités visibles, cette mise à jour corrige son lot de bugs et améliore la stabilité générale du système. Microsoft a notamment retravaillé le gestionnaire de tâches, le pare-feu et la gestion des périphériques Bluetooth. Comme souvent avec Redmond, tout n’est pas livré d’un coup : certaines nouveautés sont activées immédiatement, d’autres arrivent de manière progressive via les serveurs de Microsoft. Un moyen de limiter les dégâts en cas de régression, une leçon apprise après les déploiements catastrophiques des années précédentes.
35 jours de répit sur les mises à jour
Nouveauté bienvenue pour ceux qui redoutent le Patch Tuesday : Windows permet désormais de suspendre les mises à jour jusqu’à 35 jours, contre 28 précédemment. Une bouffée d’oxygène pour les professionnels qui ne veulent pas d’une surprise au milieu d’un déploiement. L’option se paramètre depuis Windows Update, sans regedit ni intervention hasardeuse.
Côté accessibilité, un filtre de couleur baptisé « Teinte de l’écran » fait son apparition dans le menu dédié. Il permet d’appliquer un filtre de couleur à l’écran pour améliorer le confort visuel, sans recourir à un logiciel tiers.
Cinq ans de Windows 11, quel bilan ?
Arrivé en octobre 2021 après un battage médiatique colossal, Windows 11 a mis du temps à trouver son rythme. Entre les configurations minimales drastiques (TPM 2.0 obligatoire, adieu aux vieux processeurs), les bugs de mise à jour récurrents et une interface qui divise, le chemin a été sinueux. Mais le système a gagné en maturité : gestion améliorée des écrans HDR, meilleure optimisation pour les processeurs hybrides Intel Core Ultra et AMD Ryzen, intégration progressive des fonctionnalités IA avec Copilot, sans oublier les améliorations de sécurité et le support natif des archives RAR et TAR enfin arrivé.
Cinq ans après son arrivée, Windows 11 reste un chantier. Cette mise à jour montre que Microsoft écoute sa base, même si tout n’arrive pas en même temps : certaines fonctions sont disponibles immédiatement, d’autres arrivent progressivement. Le changelog complet de la KB5095093 liste des correctifs sur presque toutes les strates du système, du noyau aux applications système. De quoi patienter jusqu’à la prochaine vague, qui pourrait bien être la dernière de cette envergure avant Windows 12. Les utilisateurs peuvent dès maintenant vérifier la disponibilité de la mise à jour dans Windows Update.
